Comfluences.net http://comfluences.net Analyses & opinions sur les enjeux informationnels et d'influence posterous.com Tue, 17 Jan 2012 06:06:00 -0800 L'US Advisory Commission on Public Diplomacy n'est plus http://comfluences.net/lus-advisory-commission-on-public-diplomacy-n http://comfluences.net/lus-advisory-commission-on-public-diplomacy-n

Us_department

C'est officiel depuis quelques jours, l'USACPD est morte. Enterrée. La raison ? Les coupes budgétaires draconniennes imposées par la crise et des choix politiques discutables selon certains.

Mais qu'est-ce que l'USACPD me direz-vous ? Rien de moins qu'un organe gouvernemental étasunien  vieux de 60 ans et qui avait pour mission de "superviser et promouvoir les activités du gouvernement ayant pour but de comprendre, informer, et influencer les auditoires étrangers."

Vous pouvez donc cocher les cases "soft power", "strategic communications", "public diplomacy" et autres outils d'influence.

Pourtant, il y a moins d'un an, l'outil reprenait du poil de la bête avec la nomination de Matt Armstrong. Consultant, enseignant, directeur du think tank Moutain Runner Institute et, surtout, prolifique blogger, tous les experts anglophones se réjouissaient d'une telle nomination. Et, croyez moi, ils avaient raison. La bonne nouvelle, c'est que Matt se remet à blogger.

Alors quel constat tirer de cet évènement ? Si on le met en parallèle avec la saignée financière que vient de subir le Broadcast Board of Governors, et si l'on constate que le poste de Sous-Secrétaire d'État à la Diplomatie Publique et aux Affaires Publiques a été plus vacant qu'autre chose, on pourrait penser que les notions de Soft Power, Strategic Communications et consorts connaissent leur chant du cygne chez nos amis du Sud (ou d'outre Atlantique si vous êtes en France...).

En fait, ce n'est pas si simple. Il semblerait que dans un contexte de raréfaction des deniers publics, un autre acteur, le Département de la Défense, pèse de tout son poids pour siphonner les crédits alloués aux questions d'influence (1 milliard de $ en 2011, quand même...).

Et, lecteurs fidèles que vous êtes, vous ferez très certainement le lien avec l'un de mes articles datant d'il y a un an : Opérations d’influences US: quels enseignements depuis 2001?

J'y décortiquais le rapport "The Pentagon, Information Operations, and the International Media Developement" commandé par le CIMA. 

Parmis de nombreux enseignements, on y découvrait les frictions de plus en plus importantes entre les deux ministères, la militarisation de la communication (quel que soit sa forme), la bataille pour les fonds, le manque de transparence, et de légitimité, du DoD, etc.

Vu sous cet angle, et dans le contexte de crise économique, la coupe des 135.00 $ qui fut fatale à l'USACPD ressemble presque à un dommage collatéral dans la lutte d'influence que se livrent deux ministères. Et il est clair qu'à ce jeu là, le Pentagon et le complexe militaro-industriel sont des poids lourds.

Reste à savoir si le champs libre laissé par les USA sur ce domaine ne va pas se payer cash d'ici quelques années. Si des spécialistes souhaitent alimenter le débat, ils sont les bienvenus !

Sources :

En lien avec cet article, vous aimerez également :

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Thu, 12 Jan 2012 07:30:00 -0800 2012 : "Vers l'infini et au-delà" (Buzz l'Éclair) http://comfluences.net/2012-vers-linfini-et-au-dela-buzz-leclair http://comfluences.net/2012-vers-linfini-et-au-dela-buzz-leclair

Buzz-lightyear

Nous voici donc, déjà, en 2012... Avant toute chose, permettez moi, chers lecteurs, de vous souhaiter une belle et merveilleuse année. La santé avant tout, suivie du bonheur et de l'épanouissement personnel et professionnel auquel vous aspirez.

De mon coté, après quelques jours de (presque) vacances, me voici de retour au Canada plus motivé que jamais ;-)

Ce séjour en France m'a d'ailleurs permis de rencontrer quelques un de mes lecteurs et c'est toujours un bonheur de constater que mes écrits sont lus et appréciés. D'ailleurs, je ne peux m'empêcher de sourire lorsque je pense qu'un de mes billets a suscité de l'intérêt dans un obscur bureau d'une petite PME européenne...

Je me demandais comment alimenter ce premier billet de l'année. Et la réponse m'est finalement apparue de manière limpide. Dire merci. Merci à vous chers lecteurs, mais aussi à tous ceux et celles qui ont rendu ma vie professionnelle et de blogger plus riche et plus intense cette dernière année. On ne le fait que trop rarement, et pourtant...

Alors permettez que je nomme, plus ou moins publiquement, ceux qui ont contribué à rendre 2011 plus beau.

  • Michelle Blanc, qui a très généreusement retweeté un de mes articles, faisant ainsi exploser mes statistiques le temps d'une journée. Le compliment qui allait avec fut un bonheur.
  • Vincent M. pour sa disponibilité, son sourire de filou et sa générosité
  • Vincent White et Alexandra Graveline pour avoir eu l'excellente idée de créer et d'animer le #PRmixer. J'y passe de très bons moments et y fait de belles rencontres. Une mention spéciale également à Marie Claude Bernard et ses lol cats.
  • Guy Versailles, qui a été le premier senior montréalais à laisser un commentaire élogieux sur ce blog. Il a même récidivé...
  • Tom L., pour sa confiance
  • Olivier Cimelière pour m'avoir donné une si belle tribune
  • @epelboin pour l'inspiration via feu RWW France 
  • Florent de Saint Victor, rédacteur de Mars Attaque, qui ne m'oublie jamais lorsqu'il tombe sur une pépite. Surveillez ce type, il ira loin.
  • @Aboudjaffar qui démontre que l'on peut tenir un blog  d'une très grande qualité d'analyse tout en restant léger et accessible au plus grand nombre. Et ce, malgré des sujets très pointus. En plus, en vrai, il n'est pas si méchant.

J'en oublie certainement, et j'espère que vous me pardonnerez...

Merci à tous et, encore une fois, meilleurs voeux pour cette année 2012 qui s'annonce très riche en enjeux informationnels.

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Sat, 17 Dec 2011 07:23:00 -0800 Communications d’entreprise, activismes et enjeux informationnels : une nouvelle ère http://comfluences.net/communications-dentreprise-activismes-et-enje http://comfluences.net/communications-dentreprise-activismes-et-enje

Activisme

Ce n’est que le commencement, avez-vous pris la mesure du phénomène ?

Communicants et stratèges d’entreprise, avons-nous pris la bonne dimension de

l’ère qui s’ouvre sous nos yeux ? Rien de moins sûr. Et pourtant, il n’y a qu’à voir

la multiplication des déstabilisations informationnelles auxquelles sont confrontées

les grandes entreprises pour constater combien les choses ont évolué en si peu de

temps. Pour faire court : l’arrivée du web 2.0, une montée en flèche d’activismes

de toutes sortes, un monde sans cesse en situation de crise, la tyrannie de

l’information, souvent incomplète, et dans des cycles ultra-courts...

Voilà l’univers dans lequel les entreprises évoluent aujourd’hui. Les mentalités, les

pratiques en terme de communications de crise et de gestion de l’influence ont-elles

pour autant changés au sein de vos structures ? Non; ou à de très rares exceptions.

 

La suite de l'article ?

Elle est sur l'excellent "blog du Communicant 2.0" de mon confrère Olivier Cimelière (ex-directeur des communications de Google France, Ericsson, etc.) qui me fait l'honneur, au travers d'une interview, de réserver une place à cette réflexion qui me tient à coeur depuis plusieurs mois. Merci Olivier !

Merci également à Nicolas et Florent pour leurs avis et relecture. La production de connaissance sur le web 2.0, c'est aussi un travail d'équipe.

Au fait...

Une fois n'est pas coutume, je devance un petit peu la presse sur ces sujets puisque Owni publiait avant-hier un papier (fort bien documenté) sur un sujet que j'avais déjà relevé il y a quelques semaines, en m'étonnant d'ailleurs de son absence dans les médias francophone... Pour mémoire, La Presse traitait également un sujet de ce blog deux jours après sa parution.

Il faut parfois savoir s'envoyer des fleurs ... Surtout que c'est bientôt Noël ;-)

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Sat, 19 Nov 2011 06:43:00 -0800 Piraterie maritime et communication : le style russe [vidéo] http://comfluences.net/pirates-somaliens-et-methode-russe-une-commun http://comfluences.net/pirates-somaliens-et-methode-russe-une-commun

Pirate-somalie

Petit article rapide ce matin au sujet d'un thème déjà abordé : la piraterie maritime au large de la Corne d'Afrique et les modalités de communication des différentes forces armées autour de cette problématique.

Je vous avais présenté la version hollandaise, et par extension la francaise. Aujourd'hui, place à une version, comment dire... moins corporate.

Alors avant de regarder la vidéo ci-dessous, voici quelques éléments de contexte.

  • Cette vidéo, filmée par les militaires russes, est assez dure. On y voit des pirates somaliens arrêtés sur leur navire. L'un d'eux est blessé, baignant dans son sang. Les commandos russes ne semblent nullement intéressés par son état, ils continuent la fouille du bateau. Zéro empathie.
  • A la fin de la vidéo, la marine russe fait exploser le navire des pirates et le montage peut laisser croire que les pirates sont encore à bord... Il n'y a aucun élément probant, confirmant ce fait. Mais pour beaucoup, sur les forums spécialisés, c'est suffisant. On y lit que les russes auraient appliqué  "les lois anti-pirates des 18ème et 19ème siècles où le capitaine du bateau de secours a le droit de décider quoi faire avec les pirates". Sans surprise, la vidéo/rumeur connait une grande viralité dans les cercles maritimes depuis 2010. De là à penser que c'est l'effet recherché, il n'y a qu'un pas...

Parceque, à bien y réfléchir, la cible du message n'est peut être pas le public occidental qui s'offusquera de telles images, mais plutôt les pirates à qui les russes diraient: "ne touchez pas à nos navires, nous ne ferons aucun cadeau".

Du point de vue de la communication, on pourrait dire que le message est clair... et cohérent avec le style russe. V. Poutine ne déclarait-il pas, en 1999, vouloir «buter les terroristes jusque dans les chiottes». Ce n'est pas très poétique, mais on sait à quoi s'en tenir.

Reste à savoir :

  • Si le pirate somalien lambda sait faire la différence entre un navire battant pavillon russe et tout autre batiment (pour mémoire, il leur est déjà arrivé d'attaquer par mégarde un navire de guerre francais...)
  • Si, en plus du bouche à oreille, les pirates somaliens ont accès à Youtube
  • Si cette menace s'est avérée suffisante depuis un an et demi

Marine-russe.flv Watch on Posterous

Pour aller plus loin sur la problématique de la piraterie maritime, et pour votre culture générale, un intéressant billet de notre ami @aboudjaffar  

Source de l'article : www.knowckers.org

Bon week-end !

David

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Wed, 09 Nov 2011 10:17:00 -0800 Gaz de schiste : les pétrolières intègrent les méthodes PsyOps de l'armée http://comfluences.net/gaz-de-schiste-les-compagnies-integrent-les-m http://comfluences.net/gaz-de-schiste-les-compagnies-integrent-les-m

Coin

Mon Dieu, que je bois du petit lait ce matin... 

Hier, sur CNBC, une militante d'ONG nous rapportait qu'ayant assisté (presque incongnito) à un énième congrès de l'industrie pétrolière, elle fut pour le moins surprise de découvrir que certaines compagnies, lors de leurs présentations, suggéraient à leurs collègues :

  • De télécharger le manuel de contre-inssurection (COIN) de l'US Army et du Marines Corps, riche d'enseignement pour gérer les problématiques issues du "fracking" et autres
  • D'embaucher des anciens militaires des opérations psychologiques ("Psy-Ops", devenus MISO depuis quelques mois, experts en opérations d'influence) qui répondent réellement aux besoins de gagner "les coeurs et les esprits" sur le terrrain.

Bien sûr, la dame a pris le soin d'enregistrer le tout...

Voici les deux extraits en question :

Cette nouvelle est fort intéressante et mérite des développements plus longs (à venir). Néanmoins, voici quelques réflexions à brûle-pourpoint :

  • Il semblerait que les industries pétrolières prennent enfin conscience qu'elles ont besoin d'être outillées de manière plus pertinente dans leurs confrontations informationnelles
  • Les ONG réagissent en disant : "OK, ils viennent de franchir une ligne rouge"... Intéressant, parce qu'on pourrait aussi considérer que ces industries ne font que s'apdapter aux défis auxquelles les ONG les soumettent...
Je termine justement un long papier sur les mutations des enjeux informationnels pour les grandes entreprises, que j'espère vous mettre à disposition dans les prochains jours (je pense le publier ici, mais si une offre raisonnable me parvient, je veux bien le publier ailleurs. Avis aux intéressés).

En attendant, je tiens à remercier mon ami @Marsattaqueblog car c'est grâce à lui que j'ai pu faire ce petit billet ce matin. Je le soupconne de faire de la veille sur des mots clés tels que "COIN". Normal me direz-vous, il a notamment été publié dans : "Faut-il brûler la contre-insurrection?"

Source de l'article : CNBC

Quelques un de mes articles dans la même lignée :

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Sat, 05 Nov 2011 07:06:00 -0700 Quickie #2 : Infowar, parce que vous le valez bien ! http://comfluences.net/quickie-2-infowar-parce-que-vous-le-valez-bie http://comfluences.net/quickie-2-infowar-parce-que-vous-le-valez-bie

Q_is_for_quickie

Bienvenue, cher lecteur, pour cette deuxième édition du #Quickie. Au menu cette semaine :

1. Cosmétiques et risques sanitaires : la bombe à retardement

No-more-tears

PRdaily nous remonte une information intéressante cette semaine, la multinationale Johnson & Johnson fait face à une couverture presse qui doit faire suer leur département des communications. Jezebel vient ainsi de publier un article qui tonne : "Johnson & Johnson Gently Poisons Babies With Its Shampoo".

A la vérité, cette actu n'est pas une très grande surprise. Cela fait au moins un an que le feu couve et je suis assez surpris que ce dossier ne remonte à la surface que maintenant. Pour mémoire, cela fait plus d'un an que la vidéo suivante traine sur le net. Elle est extrêmement bien réalisée et je vous invite à regarder l'ensemble de la série qui aborde d'autres sujets.

Evidemment, cette vidéo est axée sur les USA. L'Europe s'est dotée du protocole REACH, mais il est clair que des failles existent certainement par ailleurs (tiens, qu'en est-il au Canada d'ailleurs ?). Johnson & Johnson a de la chance pour le moment. Quelqu'un de plus inventif, et de plus méchant, pourrait produire une vidéo plus percutante : "bébés + poison" ca peut donner des images assez fortes. Enfin, moi je dis ca, je dis rien, hein...

Je vous conseille également une petite reflexion supplémentaire sur le blog de comcrise pour clore le sujet. (un merci @genevievesorel pour l'info)

2. La CIA veille quotidiennement sur plus de 5 millions de tweets par jours

Iran_tweeter

On imagine l'outil de veille et l'équipe mise à disposition... C'est Politico qui nous apporte la nouvelle cette semaine, en mettant un nom sur la fameuse structure : "The CIA’s Open Source Center". Article à lire pour comprendre à quel point le monitoring des media sociaux est, depuis 2009, un puissant outil de veille stratégique au service de la communication et... du renseignement (un merci à @Guglielminetti pour le lien).

3. USA & Guerre de l'information : Hilary Clinton fait un constat d'échec

Plutôt que de longs discours, laissons la parole à la principale intéressée (vidéo de Russian Today) :

Clinton-infowar.flv Watch on Posterous

Pour mémoire, si la problématique vous intéresse, j'ai déjà publié quelques billets sur le sujet :

4. Bonus : Medias sociaux, le nouveau centre de gravité stratégique ?

Us_army_war_college_logo

Pour faire le lien avec le précédent sujet, je vous propose cette excellentissime présentation de D. Murphy (Harrisburg University, Septembre 2011) qui pose la question de l'information sur les media sociaux comme nouveau centre de gravité informationnel (entre autre). Sa réflexion est d'autant plus pertinente qu'elle est prospective. C'est clair, simple et lumineux. Même ceux qui ne s'intéressent pas aux questions de défense devraient aimer. Les premières minutes sont un peu brouillonnes à cause du présentateur, n'y faites pas attention. Ca s'appelle "Fighting back : New media and military operations" et c'est ICI.

Bon week-end !

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David

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Thu, 13 Oct 2011 08:00:00 -0700 Médias sociaux, stratégie et guerre du sens : un monopole public ? http://comfluences.net/media-sociaux-strategie-et-guerre-du-sens-un http://comfluences.net/media-sociaux-strategie-et-guerre-du-sens-un

Social-media-propaganda-posters-04

Les médias sociaux sont sans doute le lieu où les enjeux de communication sont de plus en plus nombreux. Jusque-là, on n’a rien dit de neuf ou d’intelligent. Par contre, c’est également le terrain où se développe une forme de communication plus agressive que d'aucuns appellent "guerre de l’information".

Bien sûr, cette tendance est issue d’une maturité des pratiques. Les média sociaux ont, jusqu’il y a peu, servi des intérêts très classiques : vendre des images et des produits. Énorme phénomène, donc énormes opportunités, les entreprises devaient s'impliquer.

Dans un deuxième temps, ce beau terrain de jeux s’est aussi avéré un champs de mines. Pas la peine de vous faire l’historique des cas Nestlé, et autres, qui ont eu à expérimenter la gestion de crise 2.0 et les déstabilisations numériques. Une tonne de littérature a été versée sur le web à ce sujet. Si vous ne deviez lire qu’un article, ce serait celui-ci.

Passé la lune de miel, on venait de prendre acte que l’outil avait aussi de gros inconvénients et que certains géants se tenaient souvent sur des pieds d’argile... numériques.

On réalisait aussi que la communication sur les réseaux sociaux, c’est souvent une relation asymétrique en fonction des mouvements d’opinions et des enjeux informationnels :

- Quand tout va bien, et quoi qu’on en dise, les MS sont pour l’essentiel une relation du haut vers le bas, les entreprises voulant garder le contrôle de leur communication (Cf. pages Facebook, blogs, etc.). Au mieux, c’est devenu un nouveau terrain de jeu pour la relation clientèle (Cf. Twitter).

- Quand ça va mal, la guérilla numérique prend forme et l’entreprise se retrouve finalement dans le cadre d’un conflit informationnel asymétrique plus ou moins long et intense. C’est ainsi que l’e-reputation devint un nouvel enjeu, rejoignant le giron de la veille stratégique.

Depuis quelques mois, on en est là : les acteurs économiques ont pris possession du terrain, intégré les règle du jeux et campent en position défensive. 

Dans tous les cas, rien de bien sexy il faut le dire. Je n’ai vu aucune entreprise s’emparer des média sociaux pour se défendre avec verve et vigueur (tiens, au hasard, Amesys, ce qui aurait vraiment été intéressant et valable du point de vue rhétorique) ou acquérir une nouvelle position (stratégie de conquête).

Alors quoi, la stratégie et le sens de la répartie ont-elles définitivement déserté le champ de la communication 2.0 ? Non, fort heureusement. Mais la surprise vient d’acteurs réputés pour leur frilosité : les acteurs publics. Démonstration au travers de deux exemples récents.

 
1. Talibans VS OTAN : follow the leader Twitter

 

Twaleban4

C’était il y a un mois environ et toute la presse internationale en a parlé : les talibans ont mené un raid contre l’ambassade des États Unis dans le secteur hyper protégé de la zone verte à Kaboul. Opération perdue d’avance, mais dont l’objectif n’était pas tant militaire que psychologique : une autre manière de gagner la bataille dans les média, donc auprès de l’opinion publique, donc de faire pression sur les politiques. Schéma classique, plan de com classique. On a juste rajouté des Kalachnikov et des RPG-7.

Ce qui l’était moins (classique), c’est de voir avec quelle rapidité et sens de la répartie les talibans et les communicants de l’OTAN ont croisé le fer via Twitter durant toute l’opération (une vingtaine d’heures...). Ces derniers nous ont même livré ce lumineux message à la fin de l’opération (et donc à la mort des insurgés) :

Twitter_-_isafmedia
Le lien mène vers la vidéo ci-dessous ou l’on voit le général de l’ISAF venir inspecter les dommages, voir si ses gars vont bien et les féliciter. En s’adressant ainsi aux Talibans, mais aussi à l’ensemble des followers du monde (donc des journalistes, analystes, etc.), nul doute que l’OTAN enfonçait un argument qui faisait mal, même si beaucoup de spécialistes accordent le round au talibans.

L’OTAN n’est pas un amateur dans sa communication numérique. Allez faire un tour sur leur site, une vraie opération séduction via des contenus riches et variés. Cependant, depuis quelques mois, à la faveur des impératifs et des enjeux informationnels, ce dinosaure (organisme international + bureaucratie militaire, j’espère que vous réalisez les embûches...) a su s’emparer d’un média social pour ne pas laisser le terrain libre aux talibans. Le Twitter, version fil de presse, s’est transformé en canal de contre-insurrection sur le champ cognitif. De la communication d’influence, on est passé à une communication offensive. Du moins sur une problématique "locale".

“L’information c’est la guerre”. Cette assertion n’a jamais été aussi vraie. Une guerre des mots, du sens et de la vidéo virale.

Dsi

Cet exemple est passionnant et nous n’en sommes qu’au début. De nombreux projets bouillonnent chez nos amis américains quant à la question des média sociaux. Et tous ne sont pas roses d’ailleurs. Si vous souhaitez avoir une synthèse de la problématique “Afghanistan et médias sociaux”, je vous conseille l’article de mon camarade et ami Florent de Saint Victor paru dans le numéro 73 de Défense et Sécurité Internationale , paru en septembre dernier.

 

2. Intérêts nationaux et marges de manoeuvre diplomatique : les sables bitumineux

Ethical_oil

Je dois vous avouer ma jubilation lorsque j’ai découvert la campagne d'Ethical Oil il y a peu. En bref, il circule depuis quelques temps la vidéo suivante :

Nous avons là une campagne très intéressante pour plusieurs raisons :

  • Sur la forme :

On utilise la question des droits de l’homme (une valeur extrêmement positive) pour vanter un projet économique décrié par certains (les sables bitumineux). Ces derniers s’appuie d’ailleurs sur une autre valeur positive : l’écologie.

Habile car, de la manière dont le deal nous est proposé, on en vient au paradoxe cognitif suivant:

Droits de l’homme ­> Écologie, donc sables bitumineux = moindre mal...

Cette ficelle fait notamment appel à ce que l’on nomme en psychologie l’euristique de disponibilité. Si vous voulez en savoir plus, j’en ai déjà parlé dans un autre article.

  • Sur le fond :

Intéressant aussi du point de vue de la méthode. Nous ne sommes pas dans le cadre d’une crise ou d’un évènement à chaud comme dans l’exemple Afghan. Il y a du savoir-faire à l’oeuvre, qui correspond au moins à 3 étapes :

  1. La recherche des failles informationnelles. C’est à dire des points critiques chez “l’adversaire”, sur lesquels on va pouvoir s’appuyer en toute légitimité et bâtir son discours.
  2. Marteler les argumentaires, exemples à l’appui (suivez le fil Twitter d’Ethical Oil, vous serez servis).
  3. Trouver si possible d’autres failles à exploiter, notamment toutes les réactions maladroites de l’adversaire.
  4. (étape bonus) C’est encore plus intéressant si vous arrivez à maintenir l’image selon laquelle vous êtes le petit qui se bat contre le fort.

Les argumentaires du site et les twits s’y rapportant ne font pas dans le politiquement correct. Autant vous dire que l’Arabie Saoudite n’apprécie que moyennement et active les pressions diplomatiques et juridiques pour que cesse un tel affront. Elle tend donc la perche pour valider l’étape bonus numéro 4...

Certains m’objecterons que ce second exemple ne tient pas la route au regard de mon postulat de départ  (“les acteurs publiques comme moteurs de l’innovation polémologique dans l’utilisation des médias sociaux” (ça fait très titre de thèse...)).

Certes, Ethical Oil apparaît comme un obscure collectif, probablement nourri par les compagnies pétrolières et minières. Mais il est intéressant de noter la réaction du gouvernement canadien face au courroux saoudien. Sa réponse a été du genre “La liberté de parole et de la presse sont sacrés, circulez y’a rien à voir”’. Depuis, les ministres la joue fine : ils ne veulent pas dénoncer l’argumentaire d’Ethic Oil, mais évitent d’en faire une position officielle, histoire de ne pas sombrer dans le drame diplomatique. Intéressant non ?

En fait, tout est plus facile à comprendre lorsqu’on sait que le sympathique fondateur d’Ethical Oil est un ancien directeur des communications du gouvernement Harper et un membre influent de la mouvance conservatrice actuellement au pouvoir. Je vous aurai bien fait une petite cartographie des acteurs et des liens, mais bon, le temps me manque. Explorez quelques liens sur internet, vous comprendrez rapidement de quoi il retourne.

Au final, on peut dire, sans trop de risque, qu’une telle campagne est à minima menée sous le regard bienveillant du gouvernement Harper, et peut répondre à une stratégie d’ensemble visant à préserver les intérêts canadiens. Il est tout aussi probable que le financement d'Ethical Oil soit issu du secteur énergétique, mais pas seulement.

Cette opération a d’autant plus de sens qu’un autre dossier est actuellement sur le feu : le projet Keystone XL. Magique hasard du calendrier, celui-ci prévoit la construction d’un pipeline de l’Alberta vers les USA. Il s’agit bien évidement d’un énorme contrat pour le Canada (7 milliards $) et l’administration Obama doit prendre une décision très prochainement.

Alors, à votre avis, Ethical Oil : franc-tireur (privé) ou faux nez (public) ?

David

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Sat, 10 Sep 2011 07:18:00 -0700 Le "Quickie" de la semaine #1 : mythes, stratcom et ROI http://comfluences.net/le-quickie-de-la-semaine-1 http://comfluences.net/le-quickie-de-la-semaine-1

Quickie5

Avec ce billet, au titre très second degré (mon lectorat francais pourra obtenir ici une compréhension éclairée du terme "quickie" en Amérique du Nord), je vous propose ici un nouveau format. N'ayant materiellement pas le temps de traiter tous les sujets intéressants qui remontent de ma veille, je mettrai à disposition, sans agenda précis, une rapide revue du web. Voici donc chers amis, vite fait bien fait, le quickie #1 ;-)

Conflits et opinion publique

Un nouveau venu dans la blogosphère défense, "la voie de l'épée" (tenu par le Colonel Michel Goya), nous a livré un très bel article nommé Le mythe de l'aversion de l'opinion publique aux pertes. Le titre est suffisament évocateur pour éviter de longs discours et intéressera sans nul doute certains états-majors de communicants...

Strategic communications : Oldies but goodies

"The trouble with Strategic Communication(s)" est un papier rédigé il y a quelques années (2008) par Dennis M. Murphy sur lequel je suis tombé après avoir suivi une discussion fort intéressante ("Has Strategic Communication just become Public Affairs on steroids?") sur un groupe de Linkedin. Pour tous ceux qui s'intéressent à la problématique, c'est un papier majeur.

11 septembre et Afghanistan : un léger problème de perceptions... 

"What Does 9/11 Mean to People in Afghanistan?Hallucinant et tellement révélateur. Un sujet proposé par PBS démontre la cruelle réalité du terrain afghan : une écrasante majorité des afghans ne savent pas ce qu'est le 11 septembre et ne situent pas la photo des tours jumelles frappées par des avions. Comment, dès lors, défendre la légitimité des actions armées dans leur villages... Bienvenue chez Kafka...

Mexique : la lutte contre les narco-trafiquants passe aussi par Youtube

Dans la catégorie Info-Ops, une série d'animations sponsorisées par la présidence mexicaine se propose de s'attaquer à 10 mythes sur le narco-trafique, le grand mal du pays. Voici une des vidéos : "Mythe numéro 4 : la solution est de négocier avec les narco-traficants" (source : Danger Room).

Mesure des RP: un article dont je ne sais quoi penser...

Pour terminer, et dans un registre plus traditionnel, le blog du cabinet de RP montréalais "Direction" nous met un peu l'eau à la bouche en nous affirmant qu'après le ROI, voici venu le temps du ROR (Retour Sur Reputation), qu'il serait aujourd'hui possible d'évaluer en $$ sonnants et trébuchants. Malheureusement l'article, bien rédigé, ne nous en apprend pas beaucoup et il faudra acheter (pour la modique somme de 399$) la 5ème édition du PR News Measurement Guidebook pour acceder au Saint Graal. A vue de nez je reste très sceptique. La question des metrics précis en RP/Com, c'est un peu l'Arlésienne. Tous les communicants en rêvent, mais on est pas prêt de mettre la main dessus. Notre travail, c'est la gestion des perceptions. Quantifier des perceptions en $, le pari me semble fallacieux audacieux.

Des questions ou réflexions ? Commentez ou envoyez moi un twit (@comfluences)

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Wed, 31 Aug 2011 07:00:00 -0700 Techniques subliminales : Does it work ? (vidéo) http://comfluences.net/techniques-subliminales-does-it-works-video http://comfluences.net/techniques-subliminales-does-it-works-video
Programming_the_nation

Un rapide post, au retour d'un petit break bien mérité, pour vous faire part d'une sortie cinéma chez nos voisins étasuniens.

"Programming the Nation" est un documentaire qui a pour ambition de faire le point sur la réalité et la pertinence des techniques d'influences subliminales depuis les années 50.

Tout semble donc y passer : les média, le cinéma (A. Hitchcock !), les agences de RP, les Psyops, etc. Cela a l'air un peu fourre-tout, mais on pourra sans doute y apprendre quelques bonnes anecdoctes et parfaire notre culture générale de communicant.

Actuellement dans les salles US, bientôt en DVD, et sûrement quelque part sur le web dans pas longtemps...

Bonne journée !

David

 

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Tue, 09 Aug 2011 05:00:00 -0700 Gestion de crise et conférence de presse : un cas d'école [vidéo : Hamad VS Lagacé] http://comfluences.net/gestion-de-crise-et-conference-de-presse-un-c http://comfluences.net/gestion-de-crise-et-conference-de-presse-un-c

C'est un des sujets qui agite les média québécois depuis quelques jours. Et pour cause, on est passé à un cheveu du drame... Pour la faire courte, pour ceux qui n'habitent pas au Québec, lors de travaux dans un tunnel de Montreal, un énorme bloc de béton s'est détaché de la structure et a bien failli envoyer Ad Patres quelques automobilistes et ouvriers.

Bien sûr, autant vous dire que le Ministère des Tansports du Québec est rentré en gestion de crise en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Les communiqués pleuvent, le bal se met en place. Les seconds couteaux sont de sortie pour prendre occasionnellement le relai, occasionnant par là même des questions doctrinales comme seuls les communicants et journalistes peuvent en avoir [qui doit porter la parole sur le sujet (ministre, sous-ministre, responsables techniques) et quand ?] nourissant ainsi des polémiques de second rang.

Bref, nous voilà donc quelques temps plus tard et le ministre du MTQ se retrouve à "animer" une conférence de presse. Problème : l'exercice vire au carnage...

Rumble in the (urban) jungle

Ding ! Ding ! Ding !

- A ma gauche, Patrick Lagacé (et ses confrères), journaliste à La Presse (entre autre), co-animateur de l'émission "Les Francs tireurs", et 25.000 followers sur Twitter.

- A ma droite, Sam Hamad, ministre du MTQ, assisté, juste derrière d'un de ses attaché de presse.

FIGHT !!

Bon, je pense qu'on peut dire que le Ministre et, surtout, l'attaché de presse, on passé un très mauvais moment... Mais, sur le strict point de vue de la communication, quels enseignements tirer de tout cela  ?

Dans la communication politique, en plus des impératifs classiques, il est nécessaire de protéger son patron à tout prix. C'est le jeu. Je dirai même, c'est une obligation "erga omnes" (amis juristes...).

Or, plusieurs chose n'allaient pas dans cette opération :

  • Le format de la conférence de presse : une mauvaise évaluation de la situation

Gross-modo, il y a deux types de format en conférence de presse : dans un espace contrôlé/scénarisé (salle, espace ouvert mais avec des limites physiques, etc.) ou "dans la fosse aux lions" (Mes amis québécois utilisent un terme anglo-saxon qui m'est sorti de l'esprit. Un volontaire ?). [EDIT : le terme en question est "Scrum". Merci Mélanie !]]

Il est évident que dans un tel contexte, le stress monte vite et que la proximité/pression physique n'aide pas à la zénitude. Je dois quand même dire que Sam Hamad a été bon. Il faut réaliser la violence à laquelle il fait face à ce moment précis...

Bref, on est tous d'accord : le format de la conférence de presse était inadapté. Je ne sais pas qui a eu cette idée, mais, visiblement, il/elle a mal évalué le niveau de dangerosité informationnelle... La question des infrastructures est sujet sensible au Québec, notamment ces derniers mois (travaux incessants, corruption et malversations dans la construction, problèmes qui trainent en longueur, etc.). Un accident d'une telle nature, c'était la cerise sur le gateau.

  • La loi de Murphy : le pire est toujours certain

La crise survient toujours dans le moment le moins favorable pour vous. Dans le cas qui nous intéresse, et selon mes sources plutôt bien informées, le senior en charge des communications était en congé, ainsi que le directeur de cabinet de Sam Hamad (la moitié du Québec était en congé ces 15 derniers jours...). Ces personnes, plus expérimentées, auraient peut être anticipé les choses d'une autre manière. Tiens d'ailleurs, cela amène un troisième point :

  • La gestion de crise, c'est d'abord la gestion des risques

Réussir sa gestion de crise, c'est avant tout 50% d'organisation en amont. Des tout petits trucs organisationnels du genre : "tous les seniors capables de gérer une com' de crise ne prennent pas leurs congés en même temps" aurait pu limiter la casse... Rien ne sert d'accabler l'attaché de presse présent dans cette vidéo. Pour réussir il faut travailler en équipe. Et c'est l'équipe entière qui porte la responsabilité d'un échec ou d'un succès. Par ailleurs, ca fait partie de la réalité, on n'a pas toujours la chance d'être écouté par son boss, lui même étant soumis à d'autres pressions et contraintes politiques...

Attaché de presse : le difficile équilibre entre facilitateur et censeur

En discutant avec un jeune communicant du gouvernement, celui-ci me confiait qu'il venait, avec cette affaire, de prendre un lecon magistrale. Nous en sommes venu à discuter des différentes manières de limiter les risques dans ce genre d'opération : bien contrôler les lieux, utiliser la technique de la corde (très prisée en France sous l'ère Jacques Chirac), maitriser la sono si vous êtes dans une salle, mettre en place un systême d'accréditation discrétionnaire (la Maison Blanche le fait), avoir un staff de sécurité entre vous et les journalistes, etc.

Un exemple qui me vient en tête est celui des mesures mises en place par le staff du 1er Ministre du Canada, Stephen Harper. J'aurai aimé vous montrer une vidéo pour que cela soit explicite. Malheureusement cette vidéo a été supprimée de Youtube (si quelqu'un l'a sous le coude, faites moi signe...). A l'extrémité de ce spectre on retrouve les pratiques israéliennes, pour le moins hardcore...

Loin de moi l'idée de vouloir enjoindre tous les communicants et attachés de presse à brimer les journalistes dans leur travail. Néanmoins, la vidéo démontre qu'ils ne vous feront aucun cadeau le moment venu... Alors, pas d'angélisme ! A vous de bien évaluer la situation et de mettre en place les mesures nécessaires pour éviter tout dérapage. Comme d'habitude, tout est question de mesure, de bon sens et... d'experience.

David

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Mon, 08 Aug 2011 11:45:00 -0700 NIKE, où comment un CRM intelligent peut devenir une opération RP majeure http://comfluences.net/nike-ou-comment-un-crm-intelligent-peut-deven http://comfluences.net/nike-ou-comment-un-crm-intelligent-peut-deven
Nike

Chers Amis,

Un rapide petit petit billet pour souligner une belle opération de RP de Nike à 0$ ou presque...

En faisant ma veille du jour, je viens de lire un post de Michael Yon, reporter de guerre US engagé actuellement en Afghanistan. Michael est une référence internationale dans la blogosphère Défense (plus de 15.000 followers, etc.).

Plutôt que de faire de long discours, je préfère vous mettre le commentaire inscrit sous cette photo dans sa page Facebook.

"Numerous Soldiers have complimented these boots, which they buy with their own dime. Another Soldier, on a scorching rooftop today, gave high praise to these boots. He said he wore out one pair and wrote a letter to Nike mentioning the boots. He said that without asking Nike for anything, they sent him this replacement pair free of charge."

Autant vous dire que le département RP de Nike doit jubiler à cette heure précise...

David

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Tue, 26 Jul 2011 10:56:00 -0700 Communications stratégiques et info-ops : bilan, enjeux et perspectives [VIDEO] http://comfluences.net/communications-strategiques-et-info-ops-bilan http://comfluences.net/communications-strategiques-et-info-ops-bilan

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Voilà une très bonne vidéo que je garde sous le coude depuis quelques jours. Le temps est actuellement une ressource rare et je m'excuse auprès de mes lecteurs qui, toujours fidèles, me relancent pour connaitre la date du prochain billet (heureusement, je twitte tous les jours). Eh bien nous y sommes...

Je vous propose donc cette vidéo intitulée "The Evolution of Strategic Communication and Information Operations Since 9/11". Elle intéressera plus particulièrement mon lectorat orienté "Communication, Défense et Géopolitique", mais je gage que certains professionnels des RP et de l'interculturel y trouveront leur compte. Pour les autres, un peu de culture générale ne fera pas de mal ;-)

Cette séquence est donc issue du "House Armed Services Committee" (entité Républicaine US) et le sous-comité en question a convoqué trois experts pour débattre d'un sujet fort passionnant :

Je vous encourage à suivre les liens ci-dessus puisque vous y trouverez, pour chacun des intervenants, et outre leur biogaphie, une note de synthèse préparée pour l'occasion.

Les interventions sont bonnes, mais j'ai trouvé les remarques du Dr. Hamid particulièrement pertinentes. Lorsqu'on sait qu'il fut membre d'une organisation terroriste islamiste et qu'il fut le compagnon de route du futur numéro 2 d'Al Quaida, on a tendance à apprécier la finesse de son jugement...

Pour terminer, et comme je ne compte pas vous faire un compte rendu détaillé (le temps, le temps...) voici quelques punchline mises en exergue:

  • "Il faut en finir avec l'obsession de la mesure des résultats. Il faut prendre conscience de nos erreurs, mais ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain"
  • "En finir avec l'obsession "qui fait quoi" (DOD VS SD)"
  • "Strategic Communications = engagement + dialog"
  • "Il ne faut pas résumer la question du terrorisme au travers du prisme AFPAK"
  • "Un des défis majeurs des Straegic Communications vis à vis du monde arabe est de trouver le point d'équilibre entre respecter le monde musulman sans pour autant apparaitre comme faible"
  • La bataille sur Internet : une question de contenu et de sensibilité culturelle plutôt que de quantité d'info déversée...  

Si vous avez aimé cet article, vous pourrez également apprécier un autre plus ancien : 

 

Opérations d’influences US: quels enseignements depuis 2001?

 

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Wed, 22 Jun 2011 05:00:00 -0700 Agences de RP : eat your own dog food... http://comfluences.net/agences-de-rp-eat-your-own-dog-food http://comfluences.net/agences-de-rp-eat-your-own-dog-food

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Alors voilà, j'ai finalement décidé de l'écrire cet article... Autant vous dire que j'ai beaucoup hésité parce que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Mais bon, que voulez vous, on ne se change pas...

C'était donc il y a quelques semaines lors de ma veille quotidienne. Je vois passer un tweet qui me recommande la lecture du dernier article du blog d'une agence de RP bien connue. Un clic plus loin, je me retrouve à lire le billet en question sur les usages de Twitter. Sur un ton (très) léger, les auteures finissent par conclure que, sur Twitter, chacun fait ce qu'il lui plaît, qu'il n'y a pas d'usage unique, pas de règle et que c'est ça la beauté de la chose...

Je n'aurai porté aucune attention critique à cet article s'il avait été rédigé par un étudiant ou un newbie du web social. Problème, il est rédigé par un important cabinet de RP. Impossible de ne pas avoir de jugement professionnel sur la chose... Oui, je sais, j'utilise des gros mots...

Premier constat, il n'y a pas de plus-value à cet article que l'on soit un professionnel ou non. Et décréter que "chacun fait ce qu'il lui plaît" via son compte Twitter, est une recommandation pour le moins étrange pour une agence de RP qui est censée  fournir un accompagnement ou une expertise en média sociaux. Même si on trouve de tout sur le web, et donc sur Twitter, il aurait été bon de rappeler, pour ceux qui n'y connaissent rien, qu'il y a un minimum de règles sur cet espace social. Au choix : la politesse, écrire des choses intelligentes et intelligibles en 140 caractères (ce qui est un excellent travail de concision de sa pensée), savoir utiliser les hastags, nommer ses sources, décrire la spécificité de Twitter (un réseau social d'information et d'expertise) VS d'autre réseaux comme Facebook. Enfin, bref, il y avait de quoi dire de simple et de pertinent, sans pour autant s'interdire de dire que, oui, sur Twitter, on peut (aussi...) parler de tout et avec n'importe qui.

Sitôt après avoir fini de lire cette oeuvre majeure de la littérature 2.0, je m'en retourne sur Twitter et fais des exercices de respiration prénatale et récite quelques mantras afin de ne pas répondre sous le coup de l'émotion. Je finis par tendre, plus tard dans la journée, une perche du genre "c'est un peu court jeune homme". Juste suffisant, je pense, pour que cela apparaisse comme une ouverture à la discussion. Après tout, nous partageons le même espace social, nous sommes là pour échanger entre gens civilisés de même profession et tu viens faire la promo de ton blog et de ton agence... Eh bien, vous savez quoi ? Pas une seule réponse. Nada. Nothing. Wallouh. Rien.

Là, tous les mantras de la terre ne pouvaient plus rien pour moi...

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Une amie, qui travaille également dans les RP m'a posé les questions suivantes :

"Pourquoi cela te fâche-t-il autant ? Est-ce si grave?

Finalement, ce blog n'est probablement lu que par les membres de la profession, ce n'est pas un big deal, no ?"

Alors voilà mes éléments de réponses :

  • Comme dit rapidement plus haut, je pense que lorsqu'on appartient au métiers des com' ou des RP, on se doit d'être le plus exigeant et pertinent possible afin de rester crédible. Beaucoup nous accusent de vendre du vent, ca serait dommage de leur donner des munitions. J'aime mon métier, il me tient à coeur.
  • Corollaire, il y a deux règles majeures dans le social média : "content is king" et "engage your audience". Dans notre cas le contenu n'y est pas et, en ce qui concerne l'échange, c'est le mur du silence... Beau paradoxe pour vendre du média social.
  • Quant à l'argument "le blog n'est probablement lu que par les membres de la profession", je dis "halte là". Pour avoir été responsable des com' en entreprise, je peux vous dire que lorsque vous cherchez un prestataire, vous sollicitez votre réseau, mais vous faites aussi vos propres recherches. Je ne suis peut être pas le plus grand spécialiste en média sociaux. Mais je les pratique quotidiennement et je me tiens au courant, comme beaucoup de responsables de la com soucieux de bien faire leur métier. Je ne suis pas sûr qu'un tel article soit fait pour les rassurer sur la capacité du prestataire à penser une stratégie de déploiement sur les média sociaux...
  • Enfin, vous remarquerez que je ne nomme pas l'agence en question, parce qu'il n'y a rien de personnel. C'est une question de principe, c'est tout. Bien sûr, plusieurs d'entre vous sont des petits malins et trouveront donc facilement l'article et l'agence en question. Mais je ne souhaitais pas faire du bad buzz facile pour assoir une petite notoriété et, par ailleurs, il aurait été plus facile d'écrire sous couvert d'anonymat (petit clin d'oeil @Aboudjaffar sur ce sujet). Ce n'est pas mon style, même si certains diront que j'ai la langue bien pendue. Je trouve par contre qu'il est de notre responsabilité (les professionnels de la com') de ne pas faire semblant sur certains sujets. On en ressortira grandis.

Pour clore cet article, parce qu'il est toujours plus facile de critiquer, je suis aussi conscient qu'il peut arriver, entre 5 dossiers et 3 urgences quand on travaille en agence, de devoir écrire un billet qui tarde à venir sur le blog et qu'on a pas d'inspiration... Cela peut être le même manque de temps qui ne vous fait pas réagir lorsque votre communauté vous tend une perche (rappel : Twitter n'est PAS un fli de presse...). C'est une réalité. Je sais tout ça. Mais on vaut mieux que ça...

David

PS: bien sûr, comme d'habitude je suis ouvert à toute discussion et commentaire constructif...

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Wed, 25 May 2011 17:00:00 -0700 Industrie pharmaceutique : Mediator et Avandia, une guerre de la communication [video] http://comfluences.net/industrie-pharmaceutique-mediator-et-avandia http://comfluences.net/industrie-pharmaceutique-mediator-et-avandia
Article_mediator

Focus aujourd'hui sur un petit reportage de la rubrique "Intelligence Economique" de France 24 passé inaperçu il y a deux jours (0 tweet et un seul like sur le site...). Celui-ci explore les petits jeux d'influence et de cache-cache dans l'industrie pharmaceutique et les systèmes de santé US et français. Vous apprécierez j'en suis sûr...

David

 

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Tue, 17 May 2011 18:31:00 -0700 "Un mensonge, c'est une belle histoire gâchée par la vérité" [Barney Stinson] http://comfluences.net/un-mensonge-cest-une-belle-histoire-gachee-pa http://comfluences.net/un-mensonge-cest-une-belle-histoire-gachee-pa
Google_facebook
Il faisait beau et le printemps québécois tentait une énième percée. C’est à ce moment qu’en sirotant mon café, et en parcourant La Presse, j’ai avalé mon bagel de travers. Oui, chers lecteurs j’ai bien failli passer "ad patres" en lisant un témoignage poignant de la lutte informationnelle que se livrent Google et Facebook depuis des mois.

Rappel des faits : un blogger influent aux USA a été approché par l’une des plus grosse firme de Relations Publiques (Burson Marsteller) qui se proposait de fournir des munitions pour tirer sur Google et, en plus, d’utiliser son réseau pour faire publier son article dans des "petits journaux locaux" (The Washington Post, The hiffington Post, The Hill, etc.). Las! Notre ami blogger n’a pas du tout aimé jouer le rôle de l’idiot utile et quelques investigations plus loin, The Daily Beast révélait que le donneur d’ordre était bien Facebook...

Bon, jusque là, pas de quoi fouetter un chat me direz vous. Deux acteurs économiques majeurs se tapent dessus régulièrement et, à ce jeux, la guerre de l’information est d’un usage courant. Seuls les Bisnounours ou les Calinours ne sont pas encore au courant.

Du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à que mon bagel brie-confiture fasse fausse-route. Car en lisant l’article, un consultant en RP (qui a eu une carrière chez National et Optimum, quand même...) témoignait à la journaliste de son émoi sur l’emploi de tels procédés. Et que, dans toute sa carrière, il n’avait jamais vu de telles pratiques. Je le crois volontier, mais, pour tout vous dire, je suis très surpris par un tel angélisme. Les gros cabinets de RP se sont faits prendre plus d’une fois la main dans le sac. Et ce n’est pas une petite tendance. Faut-il rappeler que Hill et Knowlton a contribué à diaboliser Saddam Hussein lors de la première guerre du Golf ? Que The Rendon Group a fait de même lors de la seconde ? Que des cabinets d’avocats on fait des demandes de prestations auprès de cabinets spécialisés pour décribiliser Wikileaks? Bref, a-t-on la mémoire si courte dans la profession ?

Et là, je vois certains d’entre vous objecter : ce ne sont pas des relations publiques. OK. Why not. Je veux bien qu’il y ait les chevaliers blancs d’un coté et les représentants de la force obscure de l’autre. Mais, il reste que tout ce beau monde travaille souvent sous le même toit, non ? Alors je veux bien qu’on soit politiquement correcte en Amérique du Nord (Québec y compris), mais il ne faut pas prendre les gens (et les journalistes!) pour plus bêtes qu’ils ne sont (quoique, il semble que ça marche encore bien).

Je suis un homme plutôt pragmatique et, honnêtement, la limite entre communication et “spin” est parfois très fine. Admettons que nous décidions de créer deux catégories : les gentils communicants dont le but n’est que d’informer et les “spin doctors” qui ont à coeur “d’embellir la réalité”, voire plus si affinité. Comment tracer une ligne entre les deux ? Pensez vous que ce soit si simple ? Laissez moi vous compter une histoire vécue.

La Réunion, l'île intense...

Je me suis retrouvé un jour à gérer une crise majeure. La situation à laquelle nous faisions face était vraiment compliquée. Je travaillais à l’époque à La Réunion pour l’Etablissement Français du Sang (l'équivalent d’Héma-Québec mais avec 9700 salariés...) et nous étions en pleine crise du Chikungunya. Histoire du sang contaminé et principe de précaution oblige, nous avions pris la décision de stopper toute activité de prélèvements du jour au lendemain (un plaisir à annoncer à vos salariés). Bref, je vous passe les détails de la gestion de crise : organisation d’un pont aérien entre la Métropole et l’Océan Indien (10.000Km) pour continuer à transfuser des malades, réorganisation de l’activité, relations presse intenses, rencontres multiples avec le Préfet et son staff, etc.

Entre temps on prenait la mesure des dégâts : 30% de la population infectée, des morts suspectes, des femmes enceintes qui quittaient l’île en catastrophe pour ne faire prendre aucun risque à leur progéniture, de folles rumeurs dans la population (une équipe de la NASA était passé sur l’île quelques semaines avant l’explosion de l’épidémie.), la responsable com du Préfet se fait virer, etc. C’est assez intense pour vous ?

Rafraichissons nous la mémoire...

Au bout de quelques mois ça se tasse un peu et, un jour, mon patron passe la tête dans mon bureau : “Vous avez un instant ? On a un problème que le Secrétaire Général n’arrive pas à régler...”

En fait, depuis l’arrêt des prélèvements sur l’île et l’importation de produits sanguins depuis la Métropole, les douanes appliquaient “la taxe d’octroi de mer” (5%) sur chacune des poches de sang (500 poches de sang par semaine à 150 euros pièce. Au bout de 6 mois, ça fait de l’argent...). Après une rapide enquête, je me suis rendu compte que les Douanes n’agissaient qu’à titre de prestataires puisque les taxes ramassées allaient directement dans les caisses du Conseil Régional (à l’époque piloté par Paul Vergès. Oui, le frère de Jacques...) qui lui même devait en assurer une redistribution aux différentes municipalités selon des règles plus ou moins obscures. Là, quand vous connaissez un peu le contexte politico-économique de La Réunion, les lumières rouges s’allument : vous venez de rentrer sur un terrain miné...

Quelle a été mon approche pour résoudre ce problème ? D’abord la plus simple qui soit : décrocher mon téléphone et appeler mes homologues dircteur de la com et directeur de cabinet au Conseil Régional qui seraient sans doute soucieux de corriger une situation pas très éthique. Problème : tu n’es pas du sérail et fait face à un barrage constant de secrétaires, tes mails ne trouvent aucune réponse...

Plan B donc...

Tu planifies alors des relations presse classiques et t'organises pour être l’invité de la matinale de RFO radio. Le jour J, au milieu de l’interview, et entre deux chansons de Francis Cabrel, tu lâches innocement que “oui, bon, parmi les défis à relever il y en a auxquels ce service public, si essentiel aux réunionnais, n’était pas préparé. La taxe d’octroi de mer par exemple... Et que tu n’es pas sûr de comprendre les réelles intentions du Conseil Régional sur ce sujet pour lequel il reste muet...”. La journaliste te relance forcément, ca sent le scoop...

A la sortie des studios, ton téléphone sonne : les journalistes de presse écrite veulent en savoir plus, les élus de l’opposition au Conseil Régional sentent qu’ils ont un biscuit à se mettre sous la dent et veulent “ab-so-lu-ment” te venir en aide, etc... Bref, l’affaire fait la une les deux jours suivants et Vergès sort du bois pour dire que “non, vraiment, c’est de sa responsabilité de régler cette affaire au plus vite et que, grâce à son intervention, la taxe d’octroi de mer sur les produits sanguins sera ramenée à 0%...” Une semaine plus tard tu négocies en direct un peu plus que prévu (il faut pousser l’avantage...)  avec le directeur de cabinet de Vergès et le reponsable des services économiques...

Bon, est-ce que vous me voyez venir maintenant ? Pour régler cette situation j’ai, diront certains, “spiné” la journaliste. Je savais très bien que j’allais essayer de tirer une munition durant une entrevue classique. Je savais que cela intéresserait la journaliste. Et je savais que ça passerait d’autant mieux en évitant de monter sur mes grands chevaux. Une info, il faut savoir la calibrer et avoir la bonne posture pour la délivrer. Je ne suis pas venu en disant : “Bonjour, on a un problème avec les mecs d’en face, ça te dirait de me faire de la place dans les news pour qu’on leur tape dessus?”

Les limites, les buts et la conscience...
Borderline
Ai-je eu une démarche de simple communication/information? Non. Suis-je le mal incarné pour autant ? Non plus. Je défendais l’intérêt de mon entreprise qui elle même agissait pour la santé publique. Et, d'ailleurs, ce n’est pas parce que vous incarnez une noble cause que l’on va vous faciliter le travail. Les ONG l’ont très bien compris depuis longtemps et elles auraient des cours à donner à beaucoup de dircom.

Par ailleurs, il ne faut pas prendre (tous) les journalistes pour de grands enfants. Ce que je leur donnais comme information leur permettais de vendre leur news. Surtout, je leur disais la vérité... Et s’il est important d’avoir des relations saines avec eux, il ne faut pas être dupe non plus. Nous avons tous des intérêts à défendre.

Alors, dans quelle catégorie me rangeriez vous aujourd’hui ? Le chevalier blanc ? Les forces du mal ? Pour ma part, je considère que beaucoup de moyens peuvent être employés pour atteindre un objectif. Et je sais aussi que l'avantage en stratégie est souvent à celui qui prend l'initiative (ou l'offensive...). L’essentiel est d’être en accord avec sa morale et de pouvoir se regarder le matin dans une glace. Et, surtout, de ne jamais oublier qu’en face, tout le monde n’est pas animé des meilleures intentions. Est-ce que tout les communicants ont à dealer avec ce genre de problématique ? Pas sûr. Mais nous sommes nombreux quand même.

Alors, pour clore cet article, revenons au sujet de départ et faisons quelques constats sur l'affaire "Facebook - Google- B&M" :

  • Sur le fond, d’après ce qu’il s’en dit, les informations poussées par B&M pour le compte de Facebook ne sont pas fausses. 
  • L’erreur de Burson & Marsteller est d’avoir contacté le blogger par écrit. Tant qu’à faire dans la finesse, on évite de laisser des traces...
  • Corollaire, cela montre qu’il n’y avait aucune réelle proximité entre le blogger et l’agence. Celle-ci semble s’être comporté comme “je suis le king des RP, alors toi, petit blogger, tu vas aimer mon deal de te faire publier dans le Washington Post”. C’est très dangereux de vendre à un bloggeur un tel projet clé en main. Cela démontre une mauvaise évaluation de “la cible” de la part de l’agence. Mais ça ne veut pas dire que ça ne peux pas marcher non plus...
Pour compléter cette lecture, et parceque son avis est aussi, dans un autre genre, pertinent, vous pourrez lire l'article d'Olivier sur son blog "le communicant 2.0". Il nous a poussé une gueulante avant hier...

David

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Wed, 11 May 2011 09:04:00 -0700 "Le droit dans les opérations d'influence" (conférence) http://comfluences.net/le-droit-dans-les-operations-dinfluence-confe http://comfluences.net/le-droit-dans-les-operations-dinfluence-confe

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Un rapide billet pour signaler que demain aura lieu le dernier cours aux anciens de l'année 2011 (semble-t-il).

N'ayant pas la possibilité d'être présent sur Paris actuellement, je sollicite mes petits camarades pour prendre quelques notes pour mon bon plaisir et, pourquoi pas, celui des mes lecteurs. En échange je promets l'expédition "d'une canne de sirop de poteau".

Les questions abordées par Bruno Nut lors de cette conférences seront :

  • Dans quelles mesures peut-on utiliser des logos ou des images détournées ?
  • L'utilisation de pseudos, d'avatars ou de fausses identités ?
  • Quelles différences et applications de la diffamation et du dénigrement ?
  • Comment publier de l'information tout en évitant des poursuites ?
  • Comment contrer la propagation de fausses nouvelles ou informations ?


Maître Bruno Nut est avoué près la cour d’appel de Paris depuis 1992 après avoir suivi des études en droit international au sein de la faculté de droit de Nice et de l’Institut Européen des Hautes Etudes Internationales.

Il intervient entre autre dans les procédures de concurrence déloyale, de contrefaçons de marques et de brevets devant la cour d’appel de Paris et traite de nombreux dossiers contentieux devant le Pôle « vie économique, entreprise, concurrence, droit économique et financier » de la cour d’appel de Paris notamment en matière de grande distribution.

David via l'AEGE

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Mon, 02 May 2011 16:35:00 -0700 Parce qu'une image vaut mille mots... [#obl] http://comfluences.net/parce-quune-image-vaut-mille-mots-obl http://comfluences.net/parce-quune-image-vaut-mille-mots-obl

Osama-is-dead
Voilà, "c'est fait". Ben Laden est mort. Nous avons été abreuvé ces dernières heures de commentaires, d'analyses et de vidéos pas toujours très heureux, cohérents ou mis en perspective.

Que retenir de cet évènement majeur ? La photo truquée du cadavre d'Osama ? Les "explosions" de joie (morbide à mon sens) de citoyens US? La vidéo d'Obama annonçant que "justice est faite" ? Pour ma part, je vous propose cette image... qui vaut mille mots (vous pouvez l'agrandir en cliquant dans le coin inférieur droit).

Divulguée par la Maison Blanche elle même, cette photo a été prise dans la salle de crise de la Maison Blanche alors que l'équipe d'Obama suivait l'opération de la Team 6 (à ce qu'on dit) des Navy Seals en quasi direct.

Je trouve que les visages, surtout celui de Mme Clinton, résume la tension toute dramatique et cruelle d'une telle situation.

Pour clore ce très court article, et puisque l'objet de ce blog est de poser des éléments de réfléxions, je ne peux m'empêcher de soulever la question suivante : Obama est-il suivi 24H/24H par un photographe officiel ?

David

Merci à Joan Tilouine pour l'info via Twitter

 

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Fri, 15 Apr 2011 09:41:00 -0700 Seul j'irai plus vite, ensemble nous irons plus loin (1 an déjà !) http://comfluences.net/seul-jirai-plus-vite-ensemble-nous-irons-plus http://comfluences.net/seul-jirai-plus-vite-ensemble-nous-irons-plus

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Voilà une belle maxime enseignée par l'un de mes ancien mentor, professeur en psychologie. Elle définit très bien, à mon sens, les qualités d'un leadership moderne à l'ère de l'information immédiate (ou du Now Media comme disent nos amis anglo-saxons).

Elle illustre également une évolution souhaitée pour ce blog. Comfluences fête ses 1 an et ses 55 articles, soit un peu plus d'un article par semaine (en moyenne...). Créé quelques mois après mon arrivée au Canada, il était - et reste - un moyen de partager ma passion et mon métier : l'analyse d'enjeux informationnels. C'est aussi, soyons clair, un moyen d'avoir une vitrine professionnelle.

Comme le savent certains d'entre vous, immigrer est un job à temps plein (et une lecon de vie !). Le blog était un bon moyen de crédibiliser mon CV. Les évènements des dernières semaines sont venus confirmer cela, un ou deux chasseurs de têtes canadiens étant venus s'intéresser à mon cas via ce canal (d'ailleus, si vous avez d'autres opportunités à me proposer au Canada, en France ou ailleurs, n'hésitez pas à me le faire savoir).

Cela amène à une seconde maxime : "Rome ne s'est pas faite en un jour". La réussite de ce petit projet, et de ceux qui lui sont connexes (Page Facebook, relations avec d'autres blooggers, veille thématique sur le fil Twitter, etc.), est le fait d'une régularité et d'un travail sérieux et honnête. Vos derniers encouragements, poussent d'ailleurs à maintenir le cap. Mais peut être est il temps, aussi, d'ouvrir nos horizons...

A un, c'est bien. A deux, c'est mieux. A trois...

Tout cela pour vous dire, chers lecteurs, que j'envisage d'ouvrir ce blog à des contributions exterieures. Ponctuelles dans un premier temps, elles pourraient être au long cours. Si vous venez lire mes papiers, c'est que ce blog fait partie de vos centres d'intérêts et/ou de votre champs d'expertise. Peut être auriez vous l'envie de partager votre avis sur ces pages ? Il suffit de balayer les différents articles écrits depuis un an pour connaitre la ligne éditoriale du blog. En cas de doute, n'hésitez pas à me contacter : [david[@]comfluences.net]

Merci encore pour votre fidélité. Pour le plaisir, et pour "rester raccord" avec l'iconographie de l'article, voici une petite vidéo qui illustre la dernière maxime de cet article : "En persévérant, on arrive à tout" (Théocrite)

David

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Fri, 08 Apr 2011 13:01:00 -0700 Il faut rendre à César... [vidéo] http://comfluences.net/il-faut-rendre-a-cesar http://comfluences.net/il-faut-rendre-a-cesar

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Il y a quelques mois, peu après la naissance de ce blog, l'un de mes premiers articles faisait référence au pouvoir de la communication pour porter/légitimer les actions de défenses. Le prétexte fut une vidéo d'un assaut de Marines Hollandais sur un navire détourné par des pirates au large de la corne de l'Afrique.

Au delà de la "combat caméra", dispositif intégré sur le casque des soldats qui vous promet une immmersion digne des Ghost Recon et Cie, il convenait de souligner que l'image vidéo n'est qu'une partie du dispositif.  Pour donner un sens, ou orienter la vision, ces images de combats sont (forcément) montés. De plus, il y avait dans ce cas une immersion de type documentaire, du genre "révélations", ce qui du point de vue narratif était très bien vu. Evidemment, tout cela s'intégrait dans un dispositif plus large, la défense hollandaise disposant d'un site web moderne et d'une présence sur les média sociaux (chaine Youtube, etc.). Le tout avec une réactivité et une cohérence qui m'avait fait pointer les faiblesses du Ministère de la Défense français (cela avait nourri un échange dans les commentaires d'un autre article)

Etre critique ne dispense pas d'être fair-play

Et, il faut le reconnaitre, cette vénérable institution a parcouru un grand chemin ces derniers mois : refonte du site web principal, améliorations en cours sur les autres, gros efforts d'originalité sur des campagnes de com' de recrutement, mise en place et cohérence d'un environnement Web 2.0... Le travail porte ses fruits...

Point d'orgue de cette évolution, la mise à disposition hier d'une vidéo où l'on voit des Forces Spéciales françaises procéder à une extraction de l'Ambassadeur du Japon en Côte d'Ivoire, assiégé par des forces hostiles. Tout y est : mitrailleur de porte visible, descente en rappel depuis l'hélico, arrivée de l'ambassadeur dans la cabine... Et pour finir, les remerciements de celui-ci une fois arrivée à bon port. En terme de relations publiques, on est pas loin du 10/10 (la vidéo circule depuis hier sur tous les médias). Et vous remarquerez que, malgré le fait que ce soit une combat caméra, il y a un soucis évident de la prise de vue... Regardez plutôt :

Le "petit" plus ?

Cette vidéo a été rendue publique 6 heures après avoir été tournée. Autant vous dire que, dans le monde de la validation bureaucratique militaire, cela correspond à deux fois la vitesse de la lumière ! Et c'est particulièrement intéressant car il convient de se demander comment tout cela à été préparé . La mise à disposition de la vidéo était-elle prévue dès le début de la planification ? Qui a fait ce choix au Mindef ? La Dicod ? Une autre structure ? Y a t il des stratèges à l'Elysée qui ont pris la main sur ce genre de sujet ? Que de questions auxquelles nous aimerions avoir des éléments de réponses...

Quoiqu'il en soit, on ne peut que se féliciter d'avoir enfin des personnes qui on su exploiter un tel évènement dans les meilleurs délais. Il faut juste souhaiter que cela ne soit pas du "one shot" et qu'une vraie war room de l'information soit enfin en train de naître. La France a tout à y gagner.

David

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http://files.posterous.com/user_profile_pics/1421622/pro2.jpg http://posterous.com/users/5fduz5udLHJT David Millian Comfluences David Millian
Thu, 31 Mar 2011 06:00:00 -0700 [Vidéo] Hollywood and the war machine http://comfluences.net/video-hollywood-and-the-war-machine http://comfluences.net/video-hollywood-and-the-war-machine

Voilà un excellent numéro de "Empire" (Al Jazeera, version anglaise) qui m'avait échappé en fin d'année.

"Hollywood and the war machine" explore durant 45 minutes, les relations entre l'industrie du film US, le Pentagon (vous ferez la connaissance de l'incontournable Phil Strub !) et la société américaine. On y parle donc d'influence et de soft power.

Ce qui est intéressant, c'est que l'on y dépasse le cadre analytique trop restreint "Hollywood = machine à propagande". Et les invités de l'émission n'y sont pas pour rien puisque Oliver Stone, Michael Moore et Christopher Hedges débattent du sujet sur le même plateau... Un très bon moment qui permet d'aprofondir sa culture cinématographique et de remettre en perspective la fimographie guerrière américaine.

Ah, oui, désolé, mais la vidéo est en anglais, alors il va falloir faire un petit effort !

David

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