L’US Advisory Commission on Public Diplomacy n’est plus

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C’est officiel depuis quelques jours, l’USACPD est morte. Enterrée. La raison ? Les coupes budgétaires draconniennes imposées par la crise et des choix politiques discutables selon certains.

Mais qu’est-ce que l’USACPD me direz-vous ? Rien de moins qu’un organe gouvernemental étasunien  vieux de 60 ans et qui avait pour mission de « superviser et promouvoir les activités du gouvernement ayant pour but de comprendre, informer, et influencer les auditoires étrangers. »

Vous pouvez donc cocher les cases « soft power », « strategic communications », « public diplomacy » et autres outils d’influence.

Pourtant, il y a moins d’un an, l’outil reprenait du poil de la bête avec la nomination de Matt Armstrong. Consultant, enseignant, directeur du think tank Moutain Runner Institute et, surtout, prolifique blogger, tous les experts anglophones se réjouissaient d’une telle nomination. Et, croyez moi, ils avaient raison. La bonne nouvelle, c’est que Matt se remet à blogger.

Alors quel constat tirer de cet évènement ? Si on le met en parallèle avec la saignée financière que vient de subir le Broadcast Board of Governors, et si l’on constate que le poste de Sous-Secrétaire d’État à la Diplomatie Publique et aux Affaires Publiques a été plus vacant qu’autre chose, on pourrait penser que les notions de Soft Power, Strategic Communications et consorts connaissent leur chant du cygne chez nos amis du Sud (ou d’outre Atlantique si vous êtes en France…).

En fait, ce n’est pas si simple. Il semblerait que dans un contexte de raréfaction des deniers publics, un autre acteur, le Département de la Défense, pèse de tout son poids pour siphonner les crédits alloués aux questions d’influence (1 milliard de $ en 2011, quand même…).

Et, lecteurs fidèles que vous êtes, vous ferez très certainement le lien avec l’un de mes articles datant d’il y a un an : Opérations d’influences US: quels enseignements depuis 2001?

J’y décortiquais le rapport « The Pentagon, Information Operations, and the International Media Developement » commandé par le CIMA.

Parmis de nombreux enseignements, on y découvrait les frictions de plus en plus importantes entre les deux ministères, la militarisation de la communication (quel que soit sa forme), la bataille pour les fonds, le manque de transparence, et de légitimité, du DoD, etc.

Vu sous cet angle, et dans le contexte de crise économique, la coupe des 135.00 $ qui fut fatale à l’USACPD ressemble presque à un dommage collatéral dans la lutte d’influence que se livrent deux ministères. Et il est clair qu’à ce jeu là, le Pentagon et le complexe militaro-industriel sont des poids lourds.

Reste à savoir si le champs libre laissé par les USA sur ce domaine ne va pas se payer cash d’ici quelques années. Si des spécialistes souhaitent alimenter le débat, ils sont les bienvenus !

Sources :

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